Tout a commencé vendredi soir avec le spectacle de Gérard M., un chanteur à texte dans la lignée des Boby Lapointe, un peu Joel Alain dans le style pour les connaisseurs, et qui nous a complètement sorti du temps et balancé dans l'espace, avec ce qui ressemble à des chansonnettes, mais qui en fait sont des morceaux de bravoure à l'écriture poétique, comique, et profonde à la fois.
Il avait une formation composée de musiciens doués capables de passer du piano à la batterie, de la clarinette à la cornemuse, de l'accordéon à la guitare. Ce genre d'exercice me laisse pantois..
La chanson " Olga", celle qui n'aime pas les babas mais les éclairs si, qui n'aime pas Ajaccio, mais Calvi si, qui ne veut pas faire d'enfant mais l'élever si....., nous est restée un long moment dans la tète.
Finalement pas si longtemps d'ailleurs, car samedi lever 6 heure pour un départ à Lausanne ( Helvetie pour ceux qui n'auraient pas compris les contradictions de la belle Olga...). Arrivée voilée dans la brume du lac, vite suivie par le beau temps et visite du musée de l'Hermitage situé dans une ancienne maison de maître au milieu d'un grand parc magnifique..
Parcours fulgurant dans la peinture Italienne du 14 ème au 17 ème siècle. Évolution frappante du statut de l'artisan doué mais mal payé, considéré au même titre que le charpentier ou l'ébéniste comme un décorateur d'intérieur à celui de l'Artiste reconnu honoré, grassement payé et courtisé par les plus grands. Débordé aussi, au point de faire des Ateliers ou les élèves préparent les grandes lignes du tableau, et ou il fignole les détails qu'il s'est réservés, souvent mains et visages, et signe.
Ils ont nom Bellini, Raphael, Canaletto, Titien, Le Tintoret ou Botticelli.... ou mème Carpaccio...Ils ont des thèmes récurrents comme les Vierges à l'enfant toutes plus belles les unes que les autres ( et ou l'enfant à toujours le sexe apparent, pour que l'on sache bien que ce n'est pas un ange, mais bien un homme...) Tout est codifié, encadré, mais la technique est époustouflante quand on vous l'explique en détail.
Nous avions déja vu des tableaux de ces maitres à Venise, mais ils sont dans des églises, sombres de la suie des cierges et mal éclairés. Ici ils ont été restaurés, les couleurs claquent, les rouges, les verts, les bleus.. et ce n'est plus du tout la mème peinture...
Après midi au musée de l'art Brut, toujours à Lausanne ( ville qui ne semble pas connaître le terrain plat..).
Totalement un autre univers. L'art Brut est fait par des gens qui n'ont jamais eu de formation artistique, qui ne créent que pour eux et pas pour être vus, et qui travaillent souvent la nuit en enchaînant des thèmes récurrents jusqu'à l'obsession. Ce sont souvent des autistes, des aliénés ou au moins des gens très troublés. Comme un fait exprès, dimanche soir on a été voir le film " Séraphine" qui raconte l'histoire vraie de Séraphine de Senlis, sans savoir qu'il illustrerait à merveille notre visite de la veille.
Si on rajoute à ce programme que dimanche après midi, je me suis fait plaisir en allant voir le film de Martin Scorcese sur les Stones (Shine à light) et que j'ai failli me mettre debout dans le cinéma ( heureusement pratiquement vide) aux premiers accords de Jumping Jack Flash, qu'à la fin de chaque morceaux, je me retenais pour pas applaudir, on aura un aperçu de ce que l'on pourrait appeler un certain éclectisme culturel.
Mais j'aime bien...
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