mercredi 11 février 2009

Quand la machine s'enraye....

il aura fallu que j'entre dans l'ultime ligne droite de ma vie professionnelle pour assister à un phénomène pareil.
L'arrêt brutal, et sans préavis, d'un modèle économique.
Je ne visite pas énormément de clients ces temps ci, mais ceux que je rencontre n'ont qu'un mot à la bouche, et qu'une préoccupation à l'esprit : la crise..
Ce mot résume à lui seul le coté rapide, incompris, et ingérable du phénomène.
Les schémas classiques de gestion des "mini crises" ( au regard de celle ci), précédentes ne fonctionnent plus.
Une société sait encaisser des baisses d'activités temporaires de quelques dizaines de % pendant des temps réduits.
Aujourd'hui certains de mes clients sont entre 20 et 50 % de leur activité de 2008. Et surtout, ils ne savent pas quand ils peuvent espérer un retour des commandes.
Tous les CDD et les intérimaires sont rentrés chez eux , et maintenant on se regarde, au sein des firmes, pour savoir qui va va partir dans les effectifs restants.
Ce qui est fou, c'est que quand l'activité va redémarrer, car elle redémarrera, beaucoup de sociétés n'auront plus les moyens instantanés de retrouver leur activité antérieure.
A partir de là, il est évident qu'il est difficile pour nos interlocuteurs de se focaliser sur d'autres sujets.
La relation s'humanise, les êtres se dévoilent. On se regarde autrement.
Et si c'était la fin du libéralisme sauvage...
Je n'en suis hélas pas persuadé.
Certains, et notamment ceux que ce système a fortement enrichi, rêvent de le voir s'épanouir à nouveau.
Mais est il possible de porter au poignet une montre de 30.000 Euros et d'intégrer que certaines personnes vivent avec quelques centaines d'Euros par mois.
Sauf si un jour ces gens là viennent te demander des comptes avec à la main une corde équipée d'un noeud coulant.
Les révolutions sont toujours nées de la misère des peuples.
Elles ont rarement laissée intacte l'intégrité physique des exploiteurs.

vendredi 6 février 2009

Ames sensibles s'abstenir..

J'avais rendez vous chez le dentiste ce jeudi à 8h30. On m'avait prévenu par téléphone : le titulaire du poste étant absent vous verrez son remplaçant.
Pourquoi pas, après tout, tous les dentistes sont des arracheurs de dents. Et ça tombait bien , parce que ma dent de sagesse qui s'était mise à vouloir sortir vers la cinquantaine, et qui depuis n'arrêtait pas de m'importuner parce qu'elle sortait toute en biais, venait de se briser en deux morceaux, dont l'un était resté dans la gencive.
Les dentistes précédents ( tous partis depuis..) s'étaient contentés de repousser l'échéance de l'extraction. On verra plus tard.... ( dégonflés..)
J'arrive donc, serein comme quand on va chez le dentiste..., et je suis accueilli par une charmante jeune fille à lunettes qui me demande mon nom et m'invite à patienter en salle d'attente. Quelques minutes plus tard, c'est la même jeune fille qui me demande d'entrer dans le cabinet. Entre temps, elle avait troqué son tailleur pour une blouse bleue et un masque blanc qui ne laissaient aucun doute sur sa profession.
Aie Aie me suis je pensé, elle sort de la Fac, ou peut être y est elle encore...
Si ça se trouve, elle a raté médecine, et a fait dentaire faute de mieux...
Après avoir expliqué mon cas, et à la suite d'une radio préliminaire, je l'ai vue qui retroussait ses manches. Elle m'a seulement dit "ouvrez la bouche".... "Attention je fais une piqûre anesthésique"...et la voila partie, le geste sur et rapide. Que je te gratte, que je te farfouille, que je tourne dans ta gencive. Puis elle extirpe. Quelques instants plus tard, elle m'a fait serrer une compresse " attention, ça saigne beaucoup, mais ça va se calmer" ah bon, j'aimerais autant....
Quand j'ai pu relever la tète pour me rincer la bouche, il y avait sur la table à coté du super siège design, une tablette avec sur un linge blanc d'affreux outils sanguinolents, dont un en forme de croc , et ce qui ressemblait vaguement à un bout de molaire.
J'ai juste demandé, vous êtes sure que quand l'anesthésie va se dissiper , je ne vais pas trop souffrir.
Je ne crois pas a t'elle dit...
Et elle avait raison. A part quelques douleurs le jour même, le lendemain je ne sentais plus rien..
Ou est passé l'éternel féminin et la tendresse qui allait avec..