samedi 17 janvier 2009

Musique classique ou l'harmonie née du chaos.

J'ai toujours été fasciné à chaque fois que j'ai eu l'occasion d'assister à des concerts de musique classique.
Il y a d'abord le rituel. Tout est codifié. l'emplacement des différents instruments, l'ordre de mise en place des musiciens, avec au final l'arrivée des solistes, du premier violon et enfin quand tout est prêt celle du chef d'orchestre.
Car avant son arrivée, il y le moment magique de l'accord des instruments. Un instrument à vent donne une note. Le premier violon la reprend et quand il est accordé, la transmet à tous les autres instruments à corde qui ajustent leurs instruments suivant là encore un ordre défini, sans doute pour ne pas se gèner.
C'était d'autant plus impressionnant l'autre soir, que la formation en question était une "Chambre Philharmonique" composée de musiciens venus de toute l' Europe et se retrouvant occasionnellement pour jouer avec des instruments de l'époque des oeuvres de Mozart ou de Haydn. Le recrutement se fait par cooptation et privilégie les affinités. Il n'empêche..
Quand tous les instruments se cherchent, se chauffent, s'ajustent, le bruit qui en ressort est assez épouvantable.
Puis le silence se fait. Arrive le petit homme monté sur ressort. Il monte sur son pupitre. Courbette pour le salut au public. Applaudissements polis. Salut aux deux premier violons. Petit signe aux autres musiciens....
Concentration. Grande envolée ou petit mouvement du maître, et la machine s'anime. C'est le miracle. Du Chaos naît l'harmonie totale. Tout est fluide, limpide. Même la petite au fond avec ses deux énormes tambours est concentrée. Suivant les mouvements, elle agira une fois par ci par là à petites touches vîtes étouffées avec sa main sur la peau de l'instrument. Dans les Allegro ou les vivaces, il arrivera qu'elle ait à enchaîner plusieurs mesures à un rythme soutenu, mais avec toujours cette maîtrise totale du geste qui la fera stopper net dès que nécessaire.
Chaque instrument se rend-il compte du résultat global. Possible, mais pas sur. Ils ont l'air tellement concentrés.
Pour le spectateur auditeur c'est un régal. Si il ferme les yeux, la musique est un tout, et si il les ouvre, il reprend conscience que ce n'est qu'une juxtaposition de sons provenant d'instruments très différents les uns des autres.
Le petit homme joue avec cette énorme machine, c'est sa chose.. Il saute, s'agite, se gonfle, se recroqueville. il lui arrache ce qu'elle a de meilleur.
Les feuilles des partitions tournent. En ont ils vraiment besoin ? Sans doute, car ils les regardent souvent, et semblent se préparer quand arrive "leur" moment..
Aujourd'hui la multi-présence de la musique de grande qualité partout dans nos vies nous a fait perdre la conscience de l'interprétation. Mais j'imagine qu'à l'époque quand on écoutait pour la première fois une symphonie à Paris ou à Vienne, le choc devait être phénoménal.
Bravo les artistes.