lundi 15 mars 2010

Bouillie musicale.

Je trouvais que depuis quelques temps la qualité du son dans les concerts de musique dite de "variété" s'améliorait. Même si dans beaucoup de cas, et compte tenu de la taille des salles c'est encore souvent beaucoup trop fort. Ce phénomène est très lié à l'utilisation massive ou non de la batterie, instrument sans doute complexe à sonoriser quand on en joue avec force. Il est d'ailleurs surprenant de noter que même dans des salles de taille moyenne, la batterie est presque toujours équipée de micros, alors que dans les orchestres symphonique, les percussions ne sont pas sonorisées et qu'on les entend pourtant parfaitement bien au milieu de plusieurs dizaines d'autres instruments .
Mais la semaine dernière, c'était à la limite du supportable. La seule solution pour distinguer les instruments entre eux et surtout comprendre les paroles des morceaux était de se... boucher les oreilles..
A cette condition, on distinguait le violon de la guitare, le clavier de la basse et on percevait la voix du chanteur. Sinon, je présume que notre oreille passait en "saturation", et il ne restait plus qu'un magma informe et faux qui plus est...
Résultat , j'ai passé tout le concert avec mes index dans les deux oreilles ( faute de bouchons adéquats..) et comme j'étais dans la fosse pas très loin de la scène, je suppose que ça a du se remarquer.
Personne a fait mine de s'en rendre compte. Je me demandais seulement comment mes voisins pouvaient tenir.
J'avoue avoir beaucoup de peine à comprendre le responsable du son , car à moins qu'il soit lui même sourd , ce qui ne serait pas surprenant si il fait ça tous les jours, ou équipé de protections adéquates, il ne pouvait pas ignorer la chose.
Tant pis pour eux, leur concert a été massacré, comme le tympan de la plupart des spectateurs non protégés.
Je discutais avant le concert avec une dame qui assurait la sécurité du devant de scène et qui avait des gros bouchons d'oreilles oranges fluos tels que ceux que l'on utilise dans la sidérurgie.
" vous comprenez me dit elle, moi je me paie ça deux ou trois fois pas semaine alors je me protège.
C'est exactement comme si l'on mettait des lunettes noires fumées pour aller voir une exposition de peinture.
On vit décidément une drôle d'époque...