dimanche 30 novembre 2008

Les colonnes perdues..

Quelques décennies avant que le christ naisse à Betlhéem, Munatius Plancus fondait, sur ordre de son supérieur hiérarchique Jules César ( celui d'Astérix), et sur la colline située dans une boucle de la rivière Saone, la colonie Romaine de Lugdunum. C'était le 09 0ctobre en - 43.
Elle deviendra plus tard capitale de toutes les gaules, et chaque année, le 02 Août, tous les chefs des différentes tribus gauloises s'y retrouvaient pour une sorte de grand conseil sans doute très festif. Cela faisait parait il beaucoup de monde, et on avait donc construit à cet effet une sorte de sanctuaire dit des trois gaules, enjolivé au cours des siècles et notamment par l'empereur Hadrien qui y fit adjoindre deux magnifiques colonnes de granit monolithes, qui encadraient l'autel de Rome et d'Auguste.
Elles étaient hautes d'environ 10 mètres, provenaient d'Egypte et supportaient chacune une victoire ailée.
Longtemps les archéologues se sont demandés ce qu'elle étaient devenues après la période de déchéance de l'ex capitale impériale puis la fin de l'empire vers l'an 400.
Elles étaient trop grosses pour avoir été transportées très loin.
Finalement on a fini par les retrouver, devenues 4 au lieu de 2. Elles soutiennent le clocher roman de la magnifique église d'Ainay construite au moyen âge pour être l'abbatiale du monastère du même nom.
On a eu l'occasion de visiter ce bel édifice samedi, et j'ai pu approcher ces magnifiques colonnes légèrement rugueuses au toucher, dont on se demande comment avec les moyens de l'époque, ils ont pu les déplacer et les positionner.
Les moines bâtisseurs avaient récupéré déjà toutes les pierres du soubassement de l'église sur la collines de Fourviére, en tapant dans les restes des monuments gigantesques abandonnés là haut depuis plusieurs siècles faute d'eau d'abord ( les aqueducs avaient été pillés pour récupérer le plomb), et faute d'entretien sans doute aussi.
Cette église de style roman et monastique impressionne par sa simplicité et son orientation vers la prière intérieure.
Le roman, c'est Dieu qui parle à l'homme dans l'obscurité et la simplicité. Le gothique c'est l'homme qui rend grâce à Dieu dans l'élévation et la lumière. Bien sur la technique est passé par là, mais il n'empêche; le monde a changé et l'attitude face à Dieu aussi au cours du moyen age.
Un petit passage dans la chapelle gothique, un peu cachée en retrait pour ne pas casser l'ensemble roman, et ce afin de saluer les trois archanges, Raphael, Michel et Gabriel.
Notre guide était intarissable sur son église, et elle a su nous faire partager sa passion pour ce haut lieu de l'histoire Lyonnaise.

lundi 17 novembre 2008

Dans la brume..

On avait repéré, et récupéré, lors d'une de nos précédentes marches locales, une invitation pour celle qui se déroulait pas très loin de chez nous ce week end. Malgré un temps peu engageant nous avons quand même décidé de la faire. La dernière fois que nous avions marché dans le coin, nous étions quelques personnes et la plupart du temps, nous avions les chemins pour nous tout seuls. En plus il faisait beau.
Ici, nous étions au dire des organisateurs pas moins de 1500 marcheurs et il faisait quasi froid. Après nous êtres inscrits et avoir reçu notre feuille de route, nous sommes donc partis dans la brume et le crachin qui mouille pour un parcours annoncé de 13 km.
Au départ , nous suivions des routes et des chemins assez larges, et l'affluence n'était pas trop pesante. Puis vinrent les parties dans les bois plus étroites, et ou le passage répété des marcheurs associé à la pluie importante de ces derniers temps, et au crachin incessant, avaient transformé les chemins creux en copie des tranchées de la Somme. Nous nous faisions l'effet d'êtres des poilus remontant dans la boue les saignées de Verdun. Pour compléter la similitude,il y avait la queue au premier ravitaillement de campagne, et après une longue attente, nous avons eu droit à la gamelle composée de fruits secs, d'un bout de brioche, de chocolat et d'une pomme. Boisson chaude ou froide en sus. Ravitaillement debout dans la bruine, qui en recouvrant les lunettes de fines gouttelettes accentue encore l'effet vaporeux du brouillard ambiant. Départ pour la deuxième partie. Petites traversées de ruisseau sur des rondins rendus glissants par la pluie et la boue. Assistance à quelques mamies en galère. Descentes périlleuses au milieu de la foule en basket qui regrettait les chaussures à crampons. Heureusement que l'on avait nos rangers..Salut amical aux vaches locales qui se demandaient franchement ce qu'il se passait ce matin là. Deuxième ravitaillement, nouvelle queue avec nos collègues de ballade qui ressemblaient de plus en plus à des grognards lors de la retraite de Russie.. Avec le vin chaud cette fois, celui qui redonne un coup de tonus à condition de ne pas en abuser. Fin de parcours quasi solitaire car beaucoup de participants avaient coupé au plus court ( tricheurs...).
Retour au gymnase du départ. Nouvelle queue pour avoir à manger de façon plus roborative. Saucisson chaud et pommes de terre à l'eau. Puis permission. Retour à la maison. Petit coup de pompe post effort et post repas. Douche, cheminée et sieste. Là c'est sur que les poilus nous auraient enviés. Mais quand on y pense, la dernière fois que j'ai pataugé dans la boue comme ça, ce devait être à l'armée, et j'étais obligé. En plus, il va falloir nettoyer les chaussures.
Et on était contents..
L'homme est quand même un mammifère bizarre.